FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum * L\'Egypte de ddchampo * Administrateurs :ddchampo, Selkis-C@t, Hotephermaat, vidalou
Forum * L\'Egypte de ddchampo *
Non connecté | Se connecter
en ligne : 1 inconnu visite le forum
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forum Revues sur l' Egypte ancienne forumLe Point Hors Série n° 14

Auteur : Sujet: Le Point Hors Série n° 14  Bas
 donia
 Modérateur
 Messages postés : 2324
 donia
  Posté le 22/06/2007 16:25:26
Send a private message to donia
Hors-série - Mythes et mythologies
Le mythe d'Osiris
22/06/2007 - Hors-série Le Point n° 14 -

Extrait de l'article de P.Vernus

“Ce qui vit meurt” : l’adage est énoncé dans un chapitre du fameux Livre des morts. Il relève du sens commun. Relève, en revanche, du savoir propre à l’Égypte pharaonique, la doctrine élaborée à partir de cette évidence triviale. Sa substantifique moelle ? il y a deux types de mort. D’une part, une mort qui est retour au non-être, et donc anéantissement total et irréversible. D’autre part, une mort qui n’est qu’une phase de quasi dormance dans le cycle biologique, et, en tant que telle, passage soit vers une régénération à l’identique - ainsi les végétaux, ainsi la lune -, soit vers une transfiguration en un autre état - ainsi le défunt momifié qui devient compagnon des dieux. Le mythe d’Osiris est précisément le mode d’expression le plus prégnant de cette doctrine. En voici les linéaments : Osiris, l’aîné des quatre enfants du deuxième couple primordial, formé par Geb et Nout, est assassiné par son frère Set. Bien que sa mort ait été en quelque sorte parachevée par une destruction drastique, - immersion dans le fleuve et morcellement-, son épouse Isis parvient à reconstituer son cadavre et à le réactiver au point de concevoir sur lui un fils, Horus. Celui-ci venge son père de Seth et reprend sa succession.

A partir de ce canevas, une floraison touffue d’épithètes, d’allusions, de récits embryonnaires, avec leurs traductions et leurs condensations en symboles, entrecroisent et entremêlent des variantes innombrables au gré des spéculations théologiques et des engouements de la piété populaire. On chercherait vainement dans les sources égyptiennes un récit dévidant le fil de l’intrigue du début à la fin. En fait, il faut les compléter en sollicitant les auteurs gréco-romains Diodore de Sicile (Ier siècle avant J.-C.) et Firmicus Maternus (IVe siècle après J.-C.), et surtout le grec Plutarque (environ 46-120 après J.-C.).

Celui-ci avait une solide connaissance de la religion pharaonique. Toutefois, sa mise en oeuvre dans le traité Sur Isis et Osiris est doublement biaisée. Biaisée, d’abord, en ce qu’elle en reflète un état très tardif, influencé par des avatars frelatés des croyances pharaoniques - les cultes dits ”isiaques”. Biaisée, ensuite parce que, loin de viser à un descrïptions objective des faits, il les gauchit au profit d’une réflexion moralisatrice sur le conflit entre vice et vertu dans la nature humaine. Certains épisodes du mythe sont ainsi à peine esquissés. Si Osiris est très positivement présenté (1a-b), sur les circonstances de son assassinat pèsent les réticences du “politiquement correct”dans les sources égyptiennes à tout le moins (2a-b). D’autres épisodes ont fini par se constituer en complexes de croyances tendant à une autonomie de plus en large. Il y a d’abord la quête des fragments du cadavre, dispersés sur toute l’étendue du territoire, qui justifiera un véritable culte des reliques (3a-b). Elle aboutit à sa reconstitution, à son embaumement, et à la veillée funèbre; Isis, Nephthys et Anubis y jouent un rôle déterminant (3c). Ensuite l’épisode central : la dissipation de la torpeur d’Osiris. De “Celui-dont-la-conscience-est affaibli”, il devient “Celui-qui-se-réveille-dans-l’intégrité-de ses-moyens”, épithète qu’il illustre en engrossant Isis, ou en ressuscitant comme souverain du royaume des morts (4). Épisode annexe, mais très populaire : l’enfance d’Horus, caché dans les fourrés marécageux (5). Enfin, dénouement du mythe : ses longs conflits avec Seth au terme desquels son bon droit est reconnu (6).Par delà l’anecdotique, cette histoire est profondément humaine. Pour certains, la passion d’Osiris évoque la passion du Christ ; pour tous, l’espoir que le juste finit par triompher des pires épreuves. P.V.

Le texte

(1a) Le grand, premier de ses frères, l’aîné de l’Ennéade, qui établit l’Ordre dans les deux rives (= l’Égypte), qui place le fils à la place de son père, loué de son père Geb, aimé de sa mère Nout, celui que Geb fait hériter de la royauté des deux pays parce qu’il discernait son efficacité, celui à qui il a transmis la gouvernance des pays à cause de la réussite de ses entreprises.
Hymne du Nouvel Empire, Stèle du Louvre (C 286)

(1b) Osiris épousa Isis et, après avoir pris la succession sur le trône, il fit de nombreuses entreprises utiles au bien commun. Ainsi fit-il cesser le cannibalisme des hommes, après qu’Isis eut découvert la culture du blé et de l’orge. Osiris se passionnait pour l’agriculture. Il apprit aux hommes à cultiver la vigne et à consommer le vin.
Diodore de Sicile, Bibliothêque historique, Livre I

(2a) Alors Osiris dit : "Que ce ce pays est vaste !” Osiris s'y trouva très bien. Seth de l'apprendre. Voici que Seth vint en hâte; il atteignit l'"ennemi" d'Osiris (= Osiris) dans Nedyt, sous un arbre, le premier mois de l'inondation, le jour 17. Il accomplit le grand forfait contre son ennemi; il le laissa immergé dans l'eau.
Traité de théologie (Papyrus Salt 825)

(2b) Typhon (= Seth) tua Osiris, le mit en lambeaux et jeta les morceaux palpitant du malheureux corps à travers toutes les rives du fleuve.
Firmicus Maternus, De errore profanorum religionum.

(3a) Isis, l’efficace qui protège son frère, qui le chercha sans question qu’elle se lassât, qui parcourut ce pays-ci en lamentations sans question qu’elle fît relâche avant de l’avoir trouvé.
Hymne du Nouvel Empire, Stèle du Louvre C 286

(3b) La seule partie d’Osiris qu’Isis ne trouva pas fut son membre viril. A peine avait-il été jeté au fleuve, qu’il fut dévoré par le lépidote, le phagre et l’oxyrhynque; si bien que ce sont les poissons que les égyptiens ont le plus en abomination. Isis à sa place fabriqua une réplique, et consacra le phallus, en l’honneur duquel les Égyptiens célèbrent des fêtes
Plutarque, de Iside et Osiride

(3c) Isis, afin d’ensevelir celui qui était à la fois son frère et son époux, s’adjoignit sa soeur Nephthyset le chasseur Anubis, à qui on donna une tête de chien parce qu’il découvrit les parties morcelées du corps à la manière dont traque un chien.
Firmicus Maternus, De errore profanorum religionum.

(4) Isis, celle qui a repoussé les ennemis, celle qui a détourné les manigances de Celui-dont-la-voix-porte (= Seth), dont les formules sont efficaces et la langue habile, dont l’entreprise ne peut échouer, dont les dispositions sont parfaites, qui fit de l’ombre grâce à ses ailes, qui produisit de l’air grâce à son envergure, qui fit des célébrations, qui ensevelit (litt. : fit aborder) son frère, qui guérit la lassitude de Celui-dont-la-conscience-est affaibli (=Osiris), celle qui a recueilli sa semence, qui a fait un héritier.
Hymne du Nouvel Empire, Stèle du Louvre (C 286)

(5) Je suis Isis... C’est à l’intérieur des marais de fourrés de papyrus que j’ai enfanté Horus fils d’Isis. Je discernais quelqu’un qui vengerait son père. Je le dissimulai par crainte de Celui-là (Seth). Je vagabondai en mendiant. Je passai mon temps à chercher à assurer sa subsistance.
Formule magique, stèle de Metternich (Métropolitan Museum de New York)

(6) Horus au dessein constant, justifié, fils d’Isis, héritier d’Osiris, qui a pris place dans le Château de Geb (= tribunal mythologique où siège le créateur et les dieux primordiaux ) pour que soit donnée par son maître la royauté à celui à qui elle était destinée.
On constata que la cause d’Horus était juste. On lui donna la fonction de son père si bien que lui advint d’être couronné. Il a reçu la souveraineté des deux rives, la couronne blanche ferme sur sa tête. On a établi à son bénéfice l’inventaire du pays, selon ce qu’il contient, tandis que le ciel et la terre sont sous sa direction; celui à qui ont été assignés les hommes, la plèbe, les nobles, l’humanité; l’Égypte et le monde alentour qu’encercle le disque sont sous ses directives; celui qui s’en prend à Celui-dont-la-voix-porte (= Seth). Le fils d’Osiris, il a vengé son père.
Hymne du Nouvel Empire, Stèle du Louvre (C 286)

donia http://1525.aceboard.net/smile/balloon.gif
http://nemioux33.free.fr/

forum Index du forum forum Revues sur l' Egypte ancienne forumLe Point Hors Série n° 14
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide